6. La vie malgré tout

6.3. Dangers

La stabilisation du front n'écarte pas le danger pour les communes du département. Au risque d'invasion succède désormais la peur des armes modernes de destruction. Elles se manifestent d'abord par la fréquence des bombardements, aériens ou terrestres. Nancy subit ainsi 30 raids pendant l’année 1915 avec une fréquence de 2 à 7 bombardements par mois (sauf en février et novembre-décembre), ce qui représente le survol de 46 taube et du dirigeable Perseval pour un total de 188 bombes et des dizaines de fléchettes d'acier. Ces bombardements eurent des effets humains meurtriers avec 33 morts et un minimum de 43 blessés.

À partir de novembre 1915, une nouvelle menace apparaît sous la forme de gaz asphyxiants que l'on estime dangereux jusqu'à 10 km au-delà du front. Les mesures de protection semblent dérisoires : on conseille aux populations de gagner les points hauts des habitations, rien de plus…

Il n'en va pas de même pour la prévention des attaques ou survols ennemis. L'alerte donnée par les guetteurs grâce au clairon ou au tocsin est remplacée à partir de septembre 1915 par l'emploi de sirènes électriques. Toute circulation est alors interdite et chacun doit gagner au plus vite les abris installés aux points stratégiques ou, à défaut, n'importe quelle cave d'habitation obligatoirement laissée ouverte par arrêté conjoint militaire et municipal.

Un service continu de protection est organisé dans les villes sous la forme d'un ou plusieurs postes de secours desservis par un personnel médical réquisitionné, de même que les services de lutte contre les incendies restent mobilisés jour et nuit. On éduque enfin les civils à la prévention par affichage : constitution de réserves (alimentaires ou d'eau pour lutter contre les incendies), restriction des mobilités, réparations immédiates des dégâts. Initiée par les autorités, la sécurité doit devenir une œuvre collective.

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