3. Les familles

3.3. Maintenir les échanges

L'instruction dispensée par l'école de la IIIe République met la lettre au cœur des relations entre le soldat et sa famille. Cette relation est cependant limitée comme le rappelle le règlement militaire du 30 août 1915 qui réprime les indiscrétions commises dans la correspondance privée. Il est impossible de relater ce qui a trait à l'armée, c'est-à-dire qu'on ne peut parler de la réalité de la guerre, puis on interdit par extension toute information susceptible d'infléchir le moral des troupes et des populations. Il n'en reste pas moins que la remise du courrier représente un moment attendu par le soldat pour lequel il marque l'intrusion de l'intime dans l'horreur des combats et peut transformer la lettre en véritable relique.

Les échanges prennent également la forme de colis que l'on envoie directement aux services de distribution de l'armée sous l'autorité du bureau central des colis postaux militaires. On y trouve le plus souvent, outre de l'argent, deux types de produits. En premier lieu, tout ce qui permet de préserver l'état physique du soldat (de la nourriture qui améliore l'ordinaire et de la pharmacopée plus ou moins efficace), à côté desquels on ajoute de quoi maintenir son moral (tabac, dessins d'enfants, objets familiers, des nouvelles de la commune…).

Il existe enfin un dernier type de lien qui relie le combattant à ses proches. Il s'agit des objets affectifs qui permettent d'entrer dans l'intimité des individus et que révèle aujourd'hui l'histoire culturelle : les bijoux, bien sûr, mais aussi des photographies ou autochromes, des cheveux, des étoffes…

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