5. L'État tutélaire
5.2. Protéger les populations
La loi du 5 août 1914 promulgue l'état de siège et définit les attributions des autorités civiles et militaires dans la zone des armées. C'est un partage des rôles où le ministère de l'Intérieur, représenté par le préfet, gère toutes les questions politiques et administratives, laissant au Grand Quartier Général la gestion des opérations (supervisée par le général commandant la région militaire). Les populations sont ainsi placées sous la protection de la police, c'est-à-dire de l'autorité civile, dans tous les territoires du département à l'exception de la place forte de Toul, de la zone des combats et, bien évidemment, des zones occupées. Dans ces derniers secteurs, les pouvoirs sont partagés avec l'autorité militaire.
À partir du 14 août 1914, on réorganise les circonscriptions sanitaires car la plupart des médecins sont mobilisés sur le front et les mouvements de populations laissent craindre des épidémies. À l’échelon communal, le bureau municipal d'hygiène veille à prévenir tout risque de maladies infectieuses (typhus, choléra…) en lien avec le maire qui exécute le règlement sanitaire. Les délégués de circonscription et départemental (docteur Macé) transmettent les informations au préfet et supervisent l’assistance médicale gratuite.
Les missions de sécurité prolongent celles du temps de paix, hormis pour les territoires les plus proches du front soumis au risque récurrent de bombardement. Cependant, c'est dans le but de protéger avant tout l'effort militaire que des mesures prophylactiques sont prises, notamment du fait de l'accroissement considérable des mobilités, civiles ou militaires. C'est la raison pour laquelle l'armée se donne un droit d'intervention pouvant aller jusqu'à placer par décret certains acteurs municipaux ou administrations sous son autorité directe (services d'incendie, administration des postes et télégraphes…).