4. Les enfants dans la guerre

4.3. L'orphelin

Une enquête réalisée en 1916 révèle que la Meurthe-et-Moselle comptabilise 4 707 orphelins depuis le début du conflit, dont 55 pour lesquels le décès du père au combat s'ajoute à celui de la mère. À Nancy, les 327 morts laissent 106 orphelins, soit un taux de 32,4%. Un chiffre encore bien en-deçà de la moyenne nationale avant que le prolongement de la guerre ne le fasse inexorablement remonter (1 100 000 orphelins pour 1 383 000 tués pour l’ensemble du pays, c'est-à-dire 79,5%).

Cette situation inédite amène l'État à intervenir pour éviter que ces familles monoparentales ne tombent dans la détresse. Dans un premier temps, les pensions des veuves de militaires sont révisées, des Journées de l'orphelin sont régulièrement instituées, notamment le 20 juin 1915. Deux ans plus tard, la loi du 27 juillet 1917 instaure les Pupilles de la Nation qui marquent l'adoption de l'orphelin par l'État sans pour autant retirer leurs droits aux tuteurs légaux.

Pour l'enfant, la perte du père représente à la fois un traumatisme individuel et l'expérience collective du deuil de masse. Bien avant la fin de la guerre, l'orphelin devient un symbole qui donne sens au combat sur le front, incarne la guerre du bien contre la barbarie et cristallise le sentiment d'un sacrifice partagé.

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