4. Les enfants dans la guerre
4.1. L'écolier
L'enfant n'échappe pas à l'école car la continuité scolaire est assurée tout au long de la guerre en Lorraine comme dans le reste du pays. Néanmoins, ses échos n'en demeurent pas éloignés puisque les établissements sont, dès l’été 1914 (la période de vacances scolaires favorisant cette appropriation) réquisitionnés partiellement ou en totalité pour devenir des hôpitaux temporaires ou auxiliaires et centres de convalescence pour soldats. C'est le cas du collège de Toul qui, du début de la guerre à juillet 1915, accueille 2 942 blessés.
Au sein de l'enseignement secondaire (collèges et lycées), ainsi que dans l'enseignement primaire supérieur, on lit, le 27 février 1915, aux adolescents de la classe 1916 la circulaire de leur prochaine incorporation. Possibilité leur est faite cependant de s'absenter de leur corps pour passer les examens ou, pour ceux empêchés de participer à la session d'octobre 1914 du baccalauréat, de prendre part à celle de mars 1915. Dans la nécessité du temps, la plume l'emporte encore sur le fusil…
L'état de guerre affecte également la scolarisation des plus petits. Il faut cependant distinguer les écoles primaires rurales situées à proximité du front où la classe peut être déplacée dans des caves ou à distance des bombardements. En ville, les « petites » classes élémentaires de collèges et lycées, de recrutement bourgeois, sont davantage incluses dans les mesures générales de protection civile. Quels que soient l'école et le lieu du département, le départ des instituteurs mobilisés amène l'affectation d'un personnel féminin et une surcharge des classes.
Partout, l'écolier est mobilisé sous l'égide de l'enseignant pour des actions en faveur des combattants : actions de soutien moral, à l'instar des « marraines du soldat », ou de collecte de fonds.