1. La guerre en 1915
1.2. Bois-le-Prêtre
La bataille du Bois-le-Prêtre commence en octobre 1914 pour s'achever à l'été 1915. Avec les Éparges, elle a pour enjeu de réduire à ses deux extrémités nord-est le coin allemand dans les défenses françaises que constitue le saillant de Saint-Mihiel et, par là même, contrôler la plaine de Woëvre. Dans les faits, cette bataille illustre le passage de la guerre de mouvement à la guerre de position face à un ennemi qui a fortifié ses retranchements par une triple ligne de blockhaus bétonnés. La violence des assauts réciproques est encore accrue par la proximité des tranchées (parfois moins de 20 mètres) et l'usage d'armes nouvelles (mines souterraines, torpilles aériennes, lance-flammes, gaz toxiques…).
Des lieux symboliques révèlent l'étroitesse du champ de bataille (une zone du front s'appelle d'ailleurs "le Mouchoir"). C'est le cas de la croix des Carmes, dont la conquête par les troupes françaises en février 1915 se veut comme la justification d'une "guerre sainte" contre l'ennemi. A l'inverse, la fontaine et la maison du père Hilarion situées dans un ravin du no man's land illustreraient une trêve quotidienne tacite et non attestée historiquement entre les belligérants pour s'approvisionner à tour de rôle en eau.
Les combats du Bois-le-Prêtre se sont achevés depuis quelques semaines à peine lorsque le président de la République Raymond Poincaré se rend sur le site le 14 novembre 1915. À cette date où le front s'est fixé jusqu'au début de 1918, on comptabilise près de 7 000 morts côté français, autant chez les Allemands, et plus de 40 000 blessés de part et d'autre.