27 septembre 1507

Charte de réception, par Hugues des Hazards, prévôt de la collégiale Saint-Georges de Nancy, des fondations de messes et de rente pour la collégiale Saint-Georges de Nancy faites par Didier Tallant, trésorier de ladite collégiale

(Archives départementales de Meurthe-et-Moselle, G 345)

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Présentation et contextualisation générale :

            Ce document émane de Hugues des Hazards (1454-1517), évêque de Toul (1506-1517). Cependant, il agit ici en tant que prévôt de la collégiale Saint-Georges de Nancy, c’est-à-dire le supérieur du chapitre de la collégiale, qui relève alors du diocèse de Toul.

            Ce document entérine les différentes fondations de messe faites par un des chanoines, le trésorier Didier Tallant. Une fondation de messe s’entend comme la mise en place, contre paiement ou don d’un repas aux clercs célébrant l’office, d’une messe perpétuelle régulière pour le Salut de l’âme d’une personne ou d’un groupe de personnes, vivantes ou décédées.

            L’usage est très répandu au Moyen Âge et à l’époque moderne, et se complexifie par la mise en place de contrats comprenant des clauses précises quant aux prières demandées, aux chants, ainsi que des précisions quant à une dévotion particulière pour un saint ou une sainte. La fondation peut être faite du vivant de la personne, ou par testament. Sur ce point, les actes de fondation varient grandement dans le temps et l’espace.

Le coût économique peut parfois être élevé pour les populations rurales et modestes, ce qui explique l’importance numérique des fondations de messes annuelles, comparées aux messes mensuelles, hebdomadaires, voire quotidiennes, demandées par les plus fortunés. Les fondations peuvent être faites par les membres du chapitre eux-mêmes, comme le documente le cas de ce document. Ces fondations témoignent d’une certaine ferveur religieuse et de la réelle préoccupation des contemporains quant à la question de leur propre salut, mais aussi de celui de leurs proches. Car en effet, dans les campagnes médiévales, les fondations de messes ont en partie pour but de préserver les liens familiaux à travers le temps.

Références :

Serge Brunet, « Fondations de messes, crédit rural et marché de la terre dans les Pyrénées centrales (xve-xviiie siècle) : les communautés de prêtres du Val d’Aran », in Maurice Berthe (dir.), Endettement paysan et crédit rural, Toulouse, Presses universitaires du Midi, 1998, pp. 217-237 [en ligne sur Open Edition : https://books.openedition.org/pumi/23821 ].

Tadao Inde, « Aspects économiques de la célébration des messes à la fin du Moyen Age. Les chapellenies gérées par le chapitre cathédral d’Avignon au XIVe siècle », dans Revue d'histoire de l'Église de France, tome 99, n°242, 2013, pp. 5-23 [en ligne sur Persée : www.persee.fr/doc/rhef_0048-7988_2013_num_99_242_4692 ].

Henri Lepage, « L’insigne église collégiale Saint-Georges de Nancy », dans Bulletin de la Société d’archéologie lorraine, 1849, pp. 157-283.

Jean-Michel Matz, « le coût du salut. Les fondations religieuses des chanoines de la cathédrale d’Angers (milieu du xve-début du xvie siècle), dans Le Moyen Âge, tome CXXIV (3), pp. 689-706 [en ligne sur Cairn : https://doi.org/10.3917/rma.243.0689 ].

Arnaud Montreuil, « Au miroir des anniversaires : la commémoraison des morts dans le livre des fondations de la collégiale Notre-Dame-du-Châtel d’Autun (1468-1649) », dans Memini, 21, 2017 [en ligne sur Open Edition : https://doi.org/10.4000/memini.864 ].