1409
Actes capitulaires de l’Église de Toul – marché pour la couverture du toit de la cathédrale Saint-Étienne de Toul
(Archives départementales de Meurthe-et-Moselle, G 72)
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Présentation et contextualisation générale :
Toul est une ville libre d’Empire depuis 1367, c’est-à-dire qu’elle relève directement de l’autorité de l’Empereur. Toutefois, Toul reste également le siège d’une principauté ecclésiastique. En effet, l’évêque est en fait un prince-évêque, en tant que seigneur temporel et spirituel, depuis le Xe siècle.
C’est d’ailleurs entre 963 et 967 qu’une cathédrale romane est érigée à Toul. La reconstruction de la cathédrale de Toul dans un style gothique commence au tout début du XIIIe siècle, avec le remaniement du chœur, et s’étale en plusieurs phases de modifications aux XIIIe et XIVe siècles. Ainsi, la nef est rebâtie entre 1331 et 1400. En 1409, les toits doivent pourtant être en partie recouverts, et le chapitre passe un marché avec Maître Symon, du diocèse de Verdun.
Les cathédrales sont des chantiers permanents, tant du fait de l’entretien des parties déjà bâties et considérées comme achevées, que du fait des remaniements successifs, organisés au gré des modes et des préférences des évêques, dont elles sont également l’expression du pouvoir. Ainsi, depuis le XIIIe siècle et le développement du style gothique, techniquement fort complexe, les ateliers de cathédrale se développent, offrant ainsi des chantiers permanents implantés à proximité des ouvrages à entretenir ou à reconstruire.
Dans le document présenté ici, la teneur des travaux n’est pas précisée, et seules les conditions de rémunération des artisans sont évoquées dans ce marché. Et de fait, les maîtres engagés pour mener des chantiers jouissent d’une réputation gagnée par la démonstration de leurs compétences et de leur expérience. Ce point explique la raison pour laquelle Maître Symon a été engagé alors qu’il vit à Bréhéville, au nord de la Meuse actuelle.
Les travaux continuent sur la cathédrale de Toul jusqu’en 1497, avec l’achèvement des tours et la reprise des ornements dans un style gothique flamboyant.
Références :
Sabine Bengel, Marie-José Nohlen, Stéphane Potier, Clément Kelhetter, Philippe Wendling, Bâtisseurs de Cathédrales – Strasbourg, mille ans de chantiers, Strasbourg, La Nuée Bleue, 2014.
Monique Chatenet et Alexandre Gady, Toits d’Europe : formes, structures, décors et usages du toit à l’époque moderne, XVe-XVIIe siècle, actes des huitièmes Rencontres d’architecture européennes, tenues à Paris du 12 au 14 juin 2013, Paris, Picard, 2016.
Frédéric Épaud, La charpente de la cathédrale de Bourges. De la forêt au chantier, Tours, presses universitaires François-Rabelais, 2017 [en ligne sur Open Edition : https://books.openedition.org/pufr/15512 ].
François Joseph Fuchs, « L’œuvre Notre-Dame et la cathédrale de Strasbourg à travers les archives », dans Bulletin de la Société des Amis de la Cathédrale de Strasbourg, n°. 11, 1974.
Sandrine Victor, « Experts et expertises sur les chantiers cathédraux. L’exemple de Gérone au bas Moyen Âge », in Claude Denjean et Laurent Feller (dir.), Expertise et valeur des choses au Moyan Âge. Le besoin d’expertise, Madrid, Casa de Velasquez, 2013, pp. 131-137 [en ligne sur Open Edition : https://books.openedition.org/cvz/24392 ].


