1604
Copie de lettres patentes du duc Charles III pour l’autorisation de la fondation d’un monastère de l’ordre Saint Barnabé et Saint Ambroise ad Nemus de Milan (1604 ; copie du temps)
(Arch. dép. Meurthe-et-Moselle, B 8972)
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Présentation et contextualisation générale :
Le XVIe siècle est une période de bouillonnement spirituel et théologique. Alors que la Réforme se propage en Europe, le duché de Lorraine s’érige en défenseur du catholicisme. Les mouvements réformés sont interdits avec une première ordonnance d’Antoine Ier (1508-1544) en 1523, mais la répétition des textes interdisant le protestantisme laisse entendre une diffusion latente. Le duché n’en demeure pas moins relativement hermétique à la Réforme et constitue un bastion au sein de la « dorsale catholique », espace de lutte contre le protestantisme entre France et Saint-Empire romain germanique. Dans ce contexte, la réaffirmation du credo catholique à l’issue du concile de Trente (1545-1562) convainc le duc de Lorraine à poursuivre la répression contre le protestantisme, et de manière générale contre ce qui apparaît alors comme des déviances religieuses, en contribuant au renforcement du catholicisme. La fondation de l’université de Pont-à-Mousson en 1572, dévolue aux Jésuites, a pour objectif d’assurer de solides connaissances théologiques aux prêtres et de donner ainsi des armes intellectuelles visant à contrer les arguments de la Réforme. Mais le duc Charles III veille également au Salut de ses sujets en luttant contre les forces surnaturelles, ce qui le pousse à fonder un monastère de l’ordre milanais de Saint Barnabé et Saint Ambroise ad Nemus (au Bois), visiblement réputé pour la qualité de ses exorcismes. Les patentes précisent simplement les dotations dévolues pour le fonctionnement du monastère, qui sera sis à Saint-Nicolas-de-Port, ainsi que le nombre de frères qu’il accueillera, ici douze frères seulement, dont deux novices et deux convers. Le document transcrit ici est une copie de ces patentes, réalisée pour servir de pièce comptable au receveur de la ville et ainsi justifier la dépense opérée sur les deniers qu’il manie.
Les frères de Saint Barnabé et Saint Ambroise ad Nemus de Milan, sont en réalité deux ordre différents. Le premier, l’ordre de Saint Barnabé, est également appelé ordre des apostolins. Cet ordre est par ailleurs fort mal connu. La congrégation est fondée au cours du XVe siècle. Sur le déclin à la fin du XVIe siècle elle est unie à l’ordre de Saint Ambroise en 1589. Les frères de l’ordre de saint Ambroise ad Nemus, quant à eux, forment un ordre mendiant fondé au XIVe siècle, et reconnue par Grégoire XI en 1375. L’ordre de Saint Barnabé et Saint Ambroise est finalement définitivement aboli en 1630.
Références :
Analyse et traitement informatique de la langue français (ATILF), Dictionnaire du moyen français, CNRS, Université de Lorraine [base de données en ligne sur le site du laboratoire ATILF, consulté le 8 novembre 2024,
URL : https://www.atilf.fr/ressources/dmf/ ].
Châtellier Louis, Les Réformes en Lorraine (1520-1620), Nancy, presses universitaires de Nancy, 1986.
Godefroy Frédéric, Dictionnaire de l’ancienne langue française et de tous ses dialectes du IXe au XVe siècle, Paris, Classiques Gernier, 2002 [en ligne sur le site de l’éditeur].
Henryot Fabienne, Jalabert Laurent, Martin Philippe (dir.), Atlas de la vie religieuse en Lorraine à l’époque moderne, Metz, éditions Serpenoise, 2011.
Migne Jacques Paul, Abbé (dir.), Encyclopédie théologique, ou série de dictionnaires sur toutes les parties de la science religieuse, volume XX, père Pierre Hélyot, Dictionnaire des ordres religieux, tome I, Paris, 1847, sub verbo « Ambroise ad Nemus ou au Bois », colonnes 203-207.
Vignal-Souleyreau Marie-Catherine, « Religion et politique en Lorraine au tourant des XVIe et XVIIe siècles », Europa Moderna. Revue d’histoire et d’iconologie, n°. 1, 2010, pp. 60-107.




