5. L'économie quotidienne
5.1. La captation de l'épargne des Français
La guerre ne sera pas courte… au contraire des capacités financières des États. En 1913, le budget de la France est de 5 milliards de francs-or et l'on pense, en cas de conflit, pouvoir engager un maximum de 20 milliards. Au final, ce seront quelque 223 milliards de francs-or que la France aura dépensés entre 1914 et 1919. Le dilemme est simple : comment trouver 38 milliards supplémentaires par an pour continuer la guerre ?
La mise en œuvre de l'impôt sur le revenu en 1916 (le projet Caillaux ayant été voté trois ans plus tôt) s'avère un palliatif car, paradoxalement, les Meurthe-et-Mosellans comme le reste des Français ne sont pas prêts à payer des impôts élevés. La solution passe par une politique d'emprunts à l'étranger (la Grande-Bretagne d'abord, puis les États-Unis) mais également auprès de la population. L'incidence de cette politique d'endettement est forte : toute paix de compromis est impossible car on escompte une victoire complète obligeant l'ennemi au paiement de réparations. On peut ainsi en conclure que les emprunts ont prolongé la guerre, à l'inverse des arguties de la propagande…
Les illustrateurs lorrains, ou réfugiés en Meurthe-et-Moselle, encouragent le versement des économies en or ou en argent de leurs compatriotes. Jean-Jacques Waltz (plus connu sous le nom d'Hansi) illustre le 2e emprunt de la Défense nationale de 1916 par une représentation de l'Alsace libérée du joug allemand ; pour l’affiche de l’emprunt suivant, Victor Prouvé préfère jouer la carte du patriotisme en identifiant le prêt à l'État au "combat à l'arrière".