2. Les usines en guerre

2.3. Cibles de guerre

Affaiblir le potentiel de l'ennemi a toujours représenté une des conditions de la victoire. Les attaques directes par bombardements aériens ou par canons de 380 sur les usines chimiques Solvay à Dombasle et Varangéville l'illustrent. Entre le 21 février et le 9 mai 1916, 38 projectiles s'abattent sur les installations industrielles entrainant des pertes humaines (7 morts et 2 blessés) et des dégâts économiques s'élevant à 47 890 francs (destruction de bureaux, de stocks, d'infrastructures de communication et de cités d'habitation de la saline de Rosières-Varangéville).

Plus sournoisement, l'infiltration d'agents ennemis dans les entreprises est une menace bien réelle. Les notes du ministère de l'Intérieur multiplient les injonctions aux autorités locales de surveiller les gares, les hôtels, les garnis et autres lieux publics pour contrer la présence de saboteurs et d'indicateurs, notamment dans les communes industrielles. Au sein des entreprises, c'est au patron que l'on s'adresse directement, à l'instar d'Henri Cavallier qui confirme au préfet le 24 juillet 1916 avoir pris les mesures à même de détecter les "mécaniciens-ingénieurs étrangers" qui chercheraient à se faire embaucher pour accomplir des actes de sabotage dans sa fonderie de Foug.

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