1. La guerre en 1916

1.3. Guerre industrielle et armes de destruction massive

De nouvelles armes apparaissent en 1916, tant en ce qui concerne l'équipement individuel du combattant (la grenade à fusil française lancée par le fusil à canon évasé et tir courbé appelé tromblon) que le matériel lourd (le système de tir à travers l'hélice mis au point par Morane-Saulnier et Roland Garros, officialisé par le brevet Fokker en juin). Contrairement aux idées reçues, les innovations sont rares et pour la plupart antérieures au conflit (la guerre de Sécession américaine est à ce titre plus imaginative…). Il s'agit la plupart du temps d'adapter des systèmes préexistants. C'est le cas pour les gaz de combat (ypérite, puis gaz moutarde) qui ont fait leur percée le 22 avril 1915 lors de la bataille d'Ypres mais qui dérivent de l'invention française des cartouches suffocantes, élaborées avant-guerre par les professeurs André Kling et Daniel Florentin.

Même le célèbre tank ("réservoir") du colonel anglais Swinton qui montre le bout de son canon en 1916 n'est qu'une amélioration de l'automitrailleuse italienne Bianchi de 1913. On a seulement réfléchi à adapter une mobilité routière à un terrain accidenté par un système de tracteur chenillé… Néanmoins, aucune de ces armes, y compris l'aviation de guerre symbolisée par les as de l'escadrille des Cigognes ou les volontaires américains de l'escadrille Lafayette arrivés en France en 1916, ne créera de pouvoir de rupture. En effet, jusqu'à la fin, ce sont l'infanterie et l’artillerie qui resteront les pièces maîtresses des champs de bataille.

Pour les états-majors, l'enjeu de rationalisation des productions d'armement afin d'éviter les pénuries est crucial au vu d'une guerre qui ne sera pas courte. Parallèlement, l'hécatombe nécessite de pallier la diminution des effectifs des régiments par une hausse concomitante de leur puissance de feu. Ces impératifs amènent le rapprochement de la science et de l'industrie au service de l'armée qui joue un rôle d'interface.

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