2. Les usines en guerre

2.1. Produire, coûte que coûte

Malgré l'amputation des bastions du Pays-Haut et de toutes les unités de production situées au-delà de Pont-à-Mousson, l'appareil industriel de Meurthe-et-Moselle ne comptabilise pas moins de 600 usines employant plus de 10 ouvriers en 1916. Le tableau suivant en montre la répartition :

arrondissements

communes disposant d'une usine > 10 ouvriers

nombre d'usines

> 10 ouvriers

Lunéville

22

95

Nancy

33

480

Toul

6

25

Briey

-

-

Total

61

600

En considérant les communes de banlieue, Nancy écrase par sa surreprésentation le reste du département avec une concentration de 65,1% de ces entreprises grandes et moyennes (391 unités). Les centres secondaires respectent la hiérarchie urbaine avec Lunéville (50 usines de plus de 10 ouvriers), Toul (15), Dombasle et Champigneulles (10 chacune).

Cela ne signifie pas pour autant que toutes ces usines travaillent pour la Défense nationale, loin s'en faut. Le Contrôle de la main-d'œuvre ouvrière comptabilise quelque 11 977 ouvriers (d'industrie) engagés dans les productions militaires, auxquels il faut ajouter les entreprises alimentaires ou les multiples ateliers de confection, de passementerie…

On le voit, la guerre renforce la primauté productive de la capitale lorraine du fait d'une position privilégiée à la croisée des communications routières, ferroviaires et fluviales (le canal de l'Est) et en appui sur une tradition industrielle qui a su globalement prendre le tournant de la production aux armées. Les Allemands le savent qui, dès l’entrée en guerre, avaient concentré vainement l'essentiel de leurs forces sur Nancy et ne cesseront jusqu'à la fin du conflit de bombarder la ville.

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