André Jean-Faure (1887-1972) et l’inspection des centres de séjour surveillé

Le rapport sur les centres de séjour surveillé de 1943

Il est commandé par le ministre des Affaires étrangères, à la suite d’une campagne menée dans la presse anglo-saxonne contre les conditions de vie dans les camps.

Le rapport s’articule en plusieurs grandes parties :

- le contexte administratif ;

- un dossier par centre, zone par zone (zone libre, zone occupée, Afrique du Nord), appuyé sur les rapports remis au ministère de l’Intérieur jusqu’au départ de Jean-Faure (avril 1943) et illustré d’un plan du site et de photographies, chaque centre étant présenté selon un plan identique (organisation matérielle, organisation sanitaire et hygiène, organisation sociale) ;

- les annexes avec les textes de référence (réglementation et correspondance, etc.) concernant l’organisation sous l’administration de la Guerre, la réorganisation sous le contrôle du département de l’Intérieur, le rôle de l’inspection générale à la fois dans le ravitaillement, les oeuvres d’assistance et « la politique de libération des internés et (dans) la limitation nécessaire de l’importance des camps » ; enfin une conclusion.

Les  rapports  d’inspection  initiaux  étaient  destinés à  orienter  la  stratégie  et  la  méthode  de gestion  des  camps ;  ils  aspiraient  de  ce  fait  à  une forme  d’objectivité.  Le  rapport  de  1943, conçu  comme  outil  de  communication  ou  de  médiation, s’inscrit  en  point  d’orgue  de  la campagne  des  visites  de  contrôle  destinées  à  mettre en  exergue  les  améliorations  apportées dans chaque  camp depuis la création de l’inspection générale. Au moment où la répression se durcit, ce bilan doit servir à justifier par ses résultats une politique désormais abandonnée, avec en  filigrane  le  pressentiment  que  la  défense  d’une forme  d’action  pourrait  bientôt  permettre aussi à ceux qui l’ont menée de se défendre personnellement.

André Jean-Faure (1887-1972) et l’inspection des centres de séjour surveillé

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